« CAN 2025 et Coupe du Monde 2030 : Comment le Maroc mise sur le sport pour bâtir un héritage durable »
- Ayoub Hassan
- 4 sept. 2025
- 3 min de lecture
Résumé introductif
Le Maroc s’engage dans une stratégie ambitieuse en mobilisant d’importants investissements pour accueillir la CAN 2025, tout en préparant la coorganisation de la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. À travers des chantiers d’infrastructures structurants, le pays vise à stimuler son économie, dynamiser le tourisme, créer de l’emploi et renforcer son influence diplomatique. Une question centrale demeure toutefois : ces investissements seront-ils durables après les événements ?

1. Des investissements colossaux et des projets structurants
Le Maroc a lancé un plan d’investissement d’envergure pour se positionner comme un acteur majeur du sport mondial. Plus de 150 milliards de dirhams sont mobilisés pour la CAN 2025, avec une vision claire : faire de cet événement un tremplin pour la Coupe du Monde 2030.
Les projets phares incluent :
La modernisation des stades de Fès, Marrakech, Agadir, Tanger, Rabat et Casablanca.
La construction du Grand Stade Hassan II à Benslimane, une enceinte de 115 000 places qui deviendra l’un des plus grands stades d’Afrique.
L’inauguration du stade olympique de Rabat et la rénovation du Complexe sportif Moulay-Abdellah.
La mise à niveau des infrastructures de transport : routes, gares, lignes ferroviaires et aéroports, pour améliorer la connectivité du pays.
Le Maroc ne se contente pas d’accueillir la CAN 2025 : il pose les fondations d’une véritable stratégie de développement territorial et économique.
2. Un impact direct sur l’économie et l’emploi
Les retombées économiques attendues sont considérables. Les travaux d’aménagement et de modernisation génèrent déjà des milliers d’emplois directs et indirects, dans la construction, le tourisme, la logistique et les services.
En parallèle, le Maroc mise sur le tourisme sportif pour dynamiser l’économie. Avec la CAN 2025 puis le Mondial 2030, le Royaume espère attirer des millions de visiteurs supplémentaires et renforcer son positionnement comme hub touristique et sportif en Afrique.
Les estimations prévoient une croissance économique autour de 4 % pour 2025, soutenue notamment par :
L’afflux de supporters et de visiteurs étrangers.
La hausse de la consommation locale.
Les partenariats commerciaux et publicitaires liés à l’événement.
3. Tourisme, image et diplomatie sportive
La CAN 2025 est bien plus qu’une compétition : c’est une opération d’image et de soft power.Le Maroc utilise ces événements pour renforcer son influence sur la scène internationale.
En accueillant des compétitions de cette envergure, le Royaume :
Développe son attractivité auprès des investisseurs étrangers.
Positionne ses grandes villes comme destinations incontournables pour le sport, les affaires et le tourisme.
Accroît son poids diplomatique dans la région MENA et au niveau mondial.
La stratégie repose également sur une mise à niveau des aéroports et des réseaux de transport, pour atteindre une capacité de 80 millions de passagers d’ici 2030, confirmant la volonté du Maroc de devenir une plateforme internationale.
4. Le défi de la durabilité après les compétitions
Si les bénéfices à court terme sont évidents, le véritable enjeu sera de rentabiliser ces investissements sur le long terme. Les grands stades, infrastructures routières et équipements touristiques ne doivent pas devenir des “éléphants blancs” sous-utilisés après la CAN et le Mondial.
Pour assurer la pérennité :
Le Maroc devra planifier la reconversion des infrastructures, en les ouvrant à d’autres événements sportifs, concerts et manifestations culturelles.
Une stratégie territoriale coordonnée devra être mise en place pour garantir que toutes les régions bénéficient des retombées.
Le Royaume devra attirer des compétitions internationales régulières pour rentabiliser les stades et soutenir le dynamisme économique des villes hôtes.
Conclusion

La CAN 2025 marque une étape historique pour le Maroc. Plus qu’un simple événement sportif, c’est un projet national stratégique visant à transformer l’économie, renforcer la diplomatie et améliorer l’image du pays à l’international.
Cependant, la réussite de ce pari dépendra de la capacité du Royaume à capitaliser sur ces infrastructures bien après la compétition. Si cette stratégie est bien exécutée, le Maroc pourrait devenir, d’ici 2030, l’un des pôles sportifs et touristiques les plus influents du monde arabe et de l’Afrique.
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